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Élection en République Démocratique vue par les nekongos.

Friday, August 18, 2006

Contenu d'une note privée sur la situation en RDC

Date : Wed, 16 Aug 2006 15:29:35 -0000
De : "michel_filion_qc"
Objet : Contenu d'une note privée sur la situation en RDC

De: Michel Filion
Date: 16 août 2006

1 - Le Congo tente depuis des années à sortir d'une crise de
gouvernance grave (dont la mise en cause de l'existence même du
pays). Les rivalités ethniques, entre autre le rejet des
Banyamulenge, les rivalités commerciales de ressortissants étrangers
et l'autoristarisme présent dans la culture congolaise constituent
les origines profondes de cette crise.

2 - Cette crise s'est matérialisée par plusieurs conflits dans
l'histoire récente, des exactions, des manouvres douteuses du
gouvernement actuel et des manifestations violentes dans les rues de
Kinshasa.

3 - La communauté de la coopération, la communauté internationale
(plus largement) et plusieurs personnalités congolaises ont cru en
une sortie de crise grâce au processus électoral en cours. C'est
effectivement l'un des bons moyens et le résultat désiré sera
probablement obtenu.

4 - Cependant, la tenue d'élection dans un pays aussi vaste, avec si
peu d'expérience démocratique, n'est pas simple. Le Conseil
Électoral Indépendant a commis des erreurs, au moins en matière de
communication, le gouvernement de monsieur Kabila a pris des
initiatives malheureuses, l'UDPS (le plus grand parti d'opposition
s'est mis à l'écart du processus - sans le boycoter), une opposition
fragmentée a tenu des discours enflammés, parfois irresponsables.

5 - Un phénomène sociologique normal explique aussi le comportement
de plusieurs membres de la diaspora congolaise à travers le monde.
Les ratés du système électoral congolais leur semblent honteux en
comparaison avec leur expérience dans leur pays d'adoption. Ils
alimentent donc les doutes sur l'ensemble du processus.


Tentatives de destabilisation

6 - Des partisans de Jean-Pierre Bemba ont fait circuler sur le net
des résultats préliminaires. Ces résultats le donnaient gagnant. Si
les résutlats sont fiables, il n'y a pas de problème majeur, mais
s'ils constituent un outil de communication sans fondement, ils
servent à destabiliser le processus. Les partisans de Bemba
chercheraient une autre sortie de crise.

7 - S'opposent sur le terrain deux puissances de feu : 3 000 à 4 000
miliciens sous les ordres de Bemba (information fragmentaire) et
près de 600 hommes de troupe européens à proximité. On peut supposer
que l'entrainement de la milice n'est pas suffisant pour lui
permettre un coup de force.

8 - Pour attiser les tensions, circulent des rumeurs négatives et
des discours ethnonationalistes dangeureux. L'un d'entre eux prétend
que Kabila est l'homme de l'Occident et qu'il n'y aurait pas de
deuxième tour. Peu importe les résultats.

9 - Que les rumeurs soient fondées ou pas, la communauté
internationale doit maintenant s'assurer qu'il y ait un deuxième
tour afin de reconfigurer dans les urnes les forces politiques du
pays.

10 - D'ores et déjà, la RDC est fracturé : Kabila obtient un large
appui dans l'Est du pays; peu d'appui significatif au Nord et dans
la capitale. Ceci n'est cependant pas irréparable (même situation au
Pérou entre le Nord et le Sud aux élections de juin)


Issue probable

11 - Le deuxième tour est prévu fin octobre. Cette date pourrait
être repoussée.

12 - L'issue du deuxième tour est incertaine pour Kabila. Les
opposants pourraient se coaliser contre lui et gagner.

13 - À très court terme, il est peu probable que le pays bascule
dans une violence généralisée. Si les troupes européennes se font
menaçantes les opposants ne prendront aucun risque sans avoir
l'assurance d'un large appui populaire.

14 - Il y aura encore des troubles, des combats, des attentats et
autres méfaits, mais ils seront localisés et plutôt prévisibles.


Activités commerciales

15 - Pour le commerce, le pays reste un marché de facteurs (services
de formation, construction, vente d'équipement lourd pour
l'extraction minière et la construction principalement financés par
des bailleurs publics ou parapublics). Ce n'est pas et ce ne sera
pas un marché de consommation à court et à moyen terme (3 à 5 ans).

16 - Pour les missions, outre les mesures de sécurité normales pour
un pays post-conflit avec tensions (pas de sortie à l'extérieur du
périmètre sécurisé du centre-ville, restriction de déplacement à
l'intérieur du pays, couvre-feu volontaire), il n'y a pas de risque
personnel exceptionnel (pas d'enlèvement systèmatique, pas de
violence spécifique envers les étrangers, etc.)


Limites

17 - Cette note est une évaluation froide de la situation. Pour être
complète, la description devrait relater le drame humain vécu par
les Congolais. Ce n'est pas l'objet de cette communication.

18 - La situation pourrait évoluer rapidement. Par exemple, une
dissension apparente entre les chancelleries française, allemande et
belge pourrait encourager un mouvement des hommes de Bemba.

Thursday, August 17, 2006

Résultat vote selon Kya-Lumière

Tableau comparatif des voix obtenues par les candidats Jean-Pierre Bemba et Joseph Kabila par province, selon les chiffres des résultats partiels
(65 centres) provisoires officiels publiés par la Commission électorale indépendante à ce Mercredi 16 Août 2006.


PROVINCE
Jean-Pierre BEMBA GOMBO
Joseph KABILA KABANGE 01
Bas-Congo (terminé)
308.954
114.040
02
Bandundu
135.543
29.677
03
Equateur
613.926
17.505
04
Kasai Occidental
19.176
4.146
05
Kasai Oriental
24.664
60.780
06
Katanga
73.138
1.028.532
07
Kinshasa (*)
-
-
08
Maniema
1.734
321.184
09
Nord-Kivu
10.030
1.203.205
10
Province Orientale
68.408
1.103.223
11
Sud-Kivu
954
459.141

Total
1.256.527
4.341.433
(*)
Aucun résultats à ce jour.


NB.
La compilation continue dans toutes les provinces.


Pourcentage des centres traités ……….48,029 %
Pourcentage des résultats publiés …….49,746 %
( Tableau dressé et mis à jour par Kya-Lumière. Source des données: La Cei.)

Wednesday, August 16, 2006

Présidentielle en RDC: Kabila conserve la tête (1/2 des circonscriptions)

Présidentielle en RDC: Kabila conserve la tête (1/2 des circonscriptions)
AFP
16 aoû. 06 - 10h30
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KINSHASA, 15 août 2006 (AFP) - Le chef de l'Etat sortant de République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, conserve la tête de la
présidentielle du 30 juillet, loin devant le vice-président Jean-Pierre Bemba, selon des résultats partiels affichés mardi et portant sur près de la moitié
des circonscriptions.

M. Kabila décroche 54,9% des suffrages exprimés, contre 16,7% pour son principal adversaire, M. Bemba, chef du Mouvement de libération du Congo
(ex-rébellion).

Ces chiffres, compilés par l'AFP à partir des données rendues publiques par circonscription sur le site internet de la Commission électorale indépendante
(CEI), portent sur 82 des 169 circonscriptions du pays.

Ils représentent près de 10 millions des quelque 25 millions d'inscrits au niveau national.

Aucun résultat n'était encore disponible pour la capitale Kinshasa, qui représente 12% des inscrits et où M. Kabila n'est pas populaire.

"A Kinshasa, le travail est énorme (...). Le ramassage des plis contenant des résultats a posé quelques problèmes", a reconnu le président de la CEI,
Apollinaire Malu Malu, précisant que "certains plis" n'avaient pas encore été retrouvés.

"La compilation des résultats évolue bien à travers l'ensemble du territoire national", a-t-il cependant ajouté lors d'une conférence de presse
à Kinshasa.

"Nous sommes à 93,44% de compilation des résultats pour la présidentielle et à 44,66% pour les législatives", a-t-il encore dit, assurant que la CEI
s'efforçait de "maintenir l'annonce des résultats de la présidentielle d'ici le 20 août".

Selon un processus long et complexe, une fois que les résultats des quelque 50.000 bureaux de vote sont compilés au niveau régional, ces données doivent
être validées par la CEI, qui les rend publiques circonscription par circonscription. La CEI doit annoncer les résultats provisoires nationaux au
plus tard le 20 août.

M. Malu Malu a par ailleurs annoncé l'assassinat, le 3 août dans la province du Bandundu (sud-ouest), d'un policier congolais chargé de la
sécurité d'un convoi qui acheminait des résultats de vote.

"Il a été tué par des braconniers lors d'un échange des tirs, mais les résultats ont été récupérés, a-t-il déclaré.

Les Congolais devaient élire, le 30 juillet, leurs président et députés lors des premiers scrutins démocratiques et libres en plus de quarante ans
dans l'ex-Zaïre.

Pour être élu président au premier tour, l'un des 32 candidats doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés. En cas de second tour, les
électeurs seront appelés aux urnes le 29 octobre.

Aucun résultat pour les législatives n'est encore affiché.

Tuesday, August 15, 2006

Entretien à bâtons rompus avec le chef de Bundu dia Kongo

Edition 3802 du Mardi 15 Aout 2006

Entretien à bâtons rompus avec le chef de Bundu dia Kongo
Ne Muanda Nsemi : « Il n’y a aucune alliance entre le MLC et moi. Si J.P. Bemba a fait un raz de marée électoral dans le Bas-Congo, il le doit à sa finesse politique »
Par Freddy mulumba kabuayi
« Il n’y a aucune alliance entre Bundu dia Kongo et le MLC », a tranché Ne Muanda Nsemi, chef de Bundu dia Kongo, réagissant à une rumeur qui laisse entendre que BDK a convolé en justes noces avec le Mouvement de libération du Congo. « Et si Jean-Pierre Bemba a été massivement voté dans le Bas-Congo, c’est parce qu’il a fait montre de finesse politique. Il a touché à la fibre sensible du peuple kongo », a-t-il révélé. Entrevue.
Le fédéralisme et l’alliance, supposée ou vraie, entre le MLC et Bundu dia Kongo, dont vous êtes le chef, sont les deux registres dans lesquels nous allons nous entretenir. Comment voyez-vous le fédéralisme puisqu’une certaine opinion laisse entendre que vous nourrissez l’ambition de passer, un jour, à la vitesse supérieure en détachant le Kongo central du Congo. Qu’en dites-vous ?
Le fédéralisme, c’est une loi de la nature. Vous savez que les gens de Bandundu, de l’Angola, du Bas-Congo, du sud du Congo Brazzaville et du sud du Gabon sont issus d’un même ancêtre. Allez dans le Bandundu, fouillez partout, vous constaterez que les gens de Bandundu sont nsaku, mpanzu et nzinga. Ils sont issus d’un même ancêtre que nous du Bas-Congo.
Vous savez également que le Royaume du Kongo était divisé en grands Départements qu’on appelait le Département de Kongo dia Mpangala, c’est le sud de l’Angola ; le Département de Kongo dia Cuimba ou Kongo dia Mulaza, c’était le Bandundu ; Kongo dia Luango, c’était le sud du Gabon ; et Kongo dia Kati, c’est la partie centrale.
Ces quatre Départements du Royaume du Kongo avaient une large autonomie de fonctionnement. Nous étions unis au sommet, mais au niveau régional il y avait une large autonomie. Donc, nous avons vécu le fédéralisme avant même l’arrivée des colonisateurs. Mais cela ne nous a pas pour autant empêchés d’avoir un seul Royaume du Kongo.
Allez au Bandundu, causez avec les vieillards, vous verrez qu’ils ont dans leur folklore des chants de gloire où l’on magnifie le Kongo dia Ntotila. Ainsi que je l’ai dit au début, le fédéralisme c’est une loi de la nature.
Nous sommes ici sur la planète Terre ; il y a également la planète Mars, Jupiter, Saturne, etc. Tout en étant soumis à la loi de notre système solaire, dont le centre est le soleil, eh ben, quand nous sommes sur la Terre la planète Mars ne nous gêne pas tellement parce que le fédéralisme est une loi de la nature. Et cette loi dit ceci : l’unité dans la diversité et l’autonomie de la diversité.
Cela étant, il ne peut donc avoir de sécession ou de séparation dans la tête ou dans l’approche de celui qui parle de l’unité dans le cadre du fédéralisme.
Est-ce que vous pourriez être plus explicite dans votre argumentaire ?
Le centralisme excessif n’a jamais produit des résultats probants. Et ceux qui disent que fédéralisme égale séparation sont vraiment à plaindre. Ils n’ont rien compris du concept fédéralisme.
Comment un pays comme le nôtre où l’on a étudié en français depuis l’école primaire, l’école secondaire jusqu’à l’université, on continue à croire que fédéralisme égale séparation. C’est bien malheureux que des hommes instruits fassent montre d’une telle petitesse d’esprit, de pareille cécité…
Je voudrais leur poser cette question : quel est le système politique aux Etats-Unis ? N’est-ce pas fédéral ? Si l’on doit se placer dans leur logique qui a tout d’être bizarre, c’est que l’unité américaine n’existe pas. L’Allemagne est un pays fédéral. Donc, il n’y a pas d’unité allemande. La Suisse, c’est encore plus que le fédéralisme puisque le pays est une confédération. On parle d’ailleurs de Confédération helvétique. Est-ce à dire que l’unité suisse n’existe pas ? On peut multiplier les exemples : Le Canada est aussi fédéral. Le Brésil est fédéraliste. La Russie, l’Inde, ce sont des pays à régime fédéral. Le Nigeria est fédéral. Mais comment peut-on comprendre qu’il y ait encore dans notre pays des gens qui pensent que fédéralisme égale séparation.
Pas de velléité de séparatisme donc dans le chef de Bundu dia Kongo qui semble ne jurer que par le fédéralisme…
Non, il n’y a pas de velléité de séparatisme. Bundu dia Kongo prône le fédéralisme comme je viens de l’expliquer en long et en large. Mais, il faut bien le dire et le souligner : il y a deux choses qu’il faut éviter de confondre. Si aujourd’hui ou demain, je décidais de proclamer l’Etat indépendant du Congo qui engloberait le Bandundu et le Bas-Congo par exemple, si je le décidais, ce ne serait jamais dû au fait que je prône le fédéralisme. Mais ce serait simplement dû au fait que le peuple kongo - qui dit kongo dit Bandundu et Bas-Congo - ne trouve pas son compte dans l’unité de ce pays par exemple. Parce que l’unité qui ne procure que la misère au peuple n’est d’aucune utilité. Bien au contraire, c’est un grand danger.
Prenez le cas de la Yougoslavie. C’était un pays uni. Mais les Croates, les Bosniaques et les Albanais du Kosovo, les Monténégrins, n’ayant pas trouvé leur compte dans ce grand ensemble que fut la Yougoslavie, ils ont réagi d’une certaine manière.
Si on remonte un peu plus loin dans l’histoire, on ne manquera pas de trouver des exemples qui confortent ce que je viens de dire tout à l’heure. Il y a notamment l’Empire romain. Il englobait tout le pourtour de la Méditerranée. Mais cet empire était organisé au profit des Romains. Et qu’est-ce qui a suivi après ? Il y a eu des révoltes partout.
Donc, il faut séparer l’éventualité, je dis bien éventualité, d’un peuple qui se révolte parce qu’il ne trouve pas son compte et qui veut se soustraire à un certain grand ensemble, avec la doctrine du fédéralisme. Parce que le fédéralisme, c’est une loi de la nature : l’unité dans la diversité et la diversité dans l’autonomie.
Le peuple kongo qui avait au Royaume du Kongo une Constitution d’origine divine, avait déjà opté pour le fédéralisme. Cela d’autant plus que le fédéralisme est un régime de gestion très souple qui laisse à la base une certaine liberté de mettre en exergue son génie personnel et sa prise en charge.
Bien que chef d’un grand mouvement politico-religieux, cela ne vous a pas empêché de tomber dans les nasses du MLC. Dans tous les cas, c’est ce qui se dit dans l’opinion …
Il n’y a rien de vrai dans cette histoire qui n’est pas loin de ressembler à un grossier montage. Il y a une chose qu’il faut bien retenir : Ne Muanda Nsemi est caractérisé par un franc-parler qui ne l’a jamais quitté et qui ne le quittera jamais. J’use donc en plein de mon franc-parler. La plupart de ceux qui lisent Kongo dieto sursautent lorsqu’ils voient certaines vérités crues que j’y balance.
C’est vous dire que lorsque je fais alliance avec vous, je ne me gênerais pas de le proclamer. Parce que quand je ferais alliance avec vous, mon souhait sera que les adeptes de Bundu dia Kongo vous suivent et vous respectent. Je vous présente alors à mes adeptes et souvent la présentation, je la fais à l’aide d’un Kongo dieto.
La réalité dans tout cela, c’est quoi ? On avait mis autour de moi une certaine cabale, c’est depuis l’époque du président Mobutu : Ne Muanda Nsemi est dangereux, il faut éviter que sa doctrine puisse être diffusée dans le pays. Malgré tout cela, la vérité est têtue, je continue à travailler. Et aujourd’hui, tout le monde qui est parti au Bas-Congo, a constaté que le faiseur d’opinions dans cette province c’est le chef de Bundu dia Kongo.
Allez faire vos enquêtes ou vos analyses personnelles, il y a une réalité que l’on ne peut effacer : avant même les élections, j’avais été crédité de 85% de popularité dans le Bas-Congo. Ce n’est pas Yerodia, ce n’est même pas Diomi Ndongala. Aucun politicien mukongo n’est au-dessus de moi en popularité dans le Bas-Congo. Et quand vous arrivez à ce degré de popularité, mon frère, vous allez être sérieusement courtisé par toute la classe politique.
Mais, jusque-là vous ne semblez pas avoir dit le contraire de ce qui se raconte dans l’opinion…
Je suis en train de vous expliquer la situation pour vous amener à comprendre que le chef de Bundu dia Kongo n’a contracté aucune alliance avec le MLC de Jean-Pierre Bemba. Pas du tout.
Je vais essayer de vous faire vivre un certain nombre de faits qui vont vous permettre – j’espère qu’ il en sera certainement le cas pour l’opinion dans son ensemble - de faire votre religion à ce sujet. Premier fait : j’ai été invité à une fête que l’UDPS organisait autrefois à Limete. Et automatiquement, le PPRD a laissé entendre que Ne Muanda Nsemi venait de faire alliance avec un parti dangereux qui prône la violence.
Un autre fait : j’ai été convié au congrès du parti du professeur Lunda-Bululu au Centre Nganda, à Kintambo. J’y suis allé. J’y ai pris la parole. Et croyez-moi, j’ai été l’homme qui a été le plus applaudi, mais dans certains milieux on a raconté que j’étais avec Lunda-Bululu. Vital Kamerhe est venu me voir autrefois quand nous étions sur l’avenue Force publique, à Kasa-Vubu. Mais, je dois vous affirmer que l’entretien a été cordial et très fraternel. J’avais même cru que nous étions sur la piste d’une réconciliation sincère entre Bundu dia Kongo et le PPRD. Parce que c’est le PPRD qui a massacré mes adeptes en 2002.
Quand j’étais à Matadi en 2002, c’est le PPRD qui avait donné des injonctions de massacre de mes adeptes, à Seke-Banza, à Kanzi, à Lemba dans le Bas-Fleuve, et aujourd’hui, il y a des adeptes de Bundu dia Kongo qui sont en prison à Muanda.
J’ai été visité par les gens de Ruberwa, plus précisément son secrétaire. De toute façon, j’ai reçu tout le monde. Ceux de Jean-Pierre Bemba ne sont pas encore venus. Dans tous les cas, aucun responsable du MLC n’est venu chez moi. Aucun…Mais, je reste disponible.
En tout cas, jusqu’à ce jour je n’ai fait alliance avec personne.
Vous voulez faire croire qu’il n’y a pas eu d’appel du pied de l’un en direction de l’autre ? Est-ce que vous ne trouvez pas un lien entre Bundu dia Kongo et le raz-de-marée fait par Jean-Pierre au Bas-Congo au scrutin présidentiel du 30 juillet dernier ?
Avant de répondre à votre question, j’aimerais vous dire quelque chose de fondamental. Un politicien qui est sain, qu’est-ce qu’il fait dans une période comme celle que vous venons de vivre avec les joutes électorales ? Je crois qu’il va chercher à savoir s’il y a un faiseur d’opinions dans chacune des provinces de notre pays, la République démocratique du Congo. Pour ce qui est particulièrement de la province du Bas-Congo, c’est Ne Muanda Nsemi qui est le plus écouté de tous les Bakongo. Un politicien qui est sain va tenter de savoir quelle est la nature du discours que prône Ne Muanda Nsemi. Et là, on sait que, souvent, le chef de Bundu dia Kongo fustige les injustices contre les Bakongo. Un politicien sain va donc tenter de s’imprégner de ce genre de discours et quand il descend dans le Bas-Congo, il va tenir un discours de ce genre qui a toujours touché l’âme du peuple kongo. Et croyez-moi, ce politicien-là réussira à se faire remarquer. C’est ce que Jean-Pierre a compris et fait.
Dans sa campagne électorale, quand Jean-Pierre Bemba est passé au Bas-Congo, il a fait jouer cette fibre sensible. On a massacré les adeptes de Bundu dia Kongo en 2002, en 2004 et encore cette année. Lorsqu’il est arrivé à Matadi, dans le cadre de sa campagne électorale, le leader du MLC a demandé à l’assistance de garder une minute de silence en mémoire de Bakongo massacrés à gauche et à droite. C’est ce qui a amené les Bakongo à se dire finalement : « tiens, celui-ci (Jean-Pierre Bemba en l’occurrence) au moins nous comprend ». C’est là tout le secret de son succès dans le Bas-Congo.
A vous en croire, c’est ce qui expliquerait le raz-de-marée de Jean-Pierre Bemba…
Le MLC n’est pas suffisamment implanté dans le Bas-Congo, mais alors pas du tout. Mais, face aux erreurs du PPRD, Jean-Pierre Bemba a pris le discours de Bundu dia Kongo qui a toujours fait émouvoir l’âme du peuple kongo. Et les gens ont dit : « bon, entre deux maux, nous choisissons le moindre ». Il n’y a pas de mystère dans cela. Peut-être que certaines personnes ont cru que, parce qu’il tenait un discours semblable à celui que le chef de Bundu dia Kongo tient, il y avait une alliance. Non. Jean-Pierre Bemba a seulement fait montre de finesse politique. Un point, un trait.
Aucune alliance n’est jusqu’ici signée entre le MLC et le chef de Bundu dia Kongo.
(A suivre)
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Monday, August 14, 2006

Déclaration du Comité International des Sages

Le 12 août 2006

Déclaration du Comité International des Sages


Nous, le Comité International des Sages, renouvelons nos félicitations à la population et aux autorités congolaises pour la tenue des élections présidentielles et législatives du 30 Juillet 2006. Ces élections historiques se sont déroulées dans le calme et la dignité, à la suite d'une campagne électorale de bonne tenue. Elles ont connu un taux de participation exceptionnel et elles ont été saluées par la communauté internationale dans son ensemble, à travers les multiples observateurs internationaux présents au Congo.

L'heure est maintenant à l'attente des résultats. Dans ce contexte, il est de la plus haute importance, que le peuple et les candidats, conformément à l'esprit qui a marqué la campagne électorale et le scrutin, continuent à respecter les différentes dispositions de la loi électorale, notamment en ce qui concerne la proclamation des résultats. L’annonce des résultats est de la compétence exclusive de la Commission Electorale Indépendante et leur validation est du ressort de la Cour Suprême.

Selon l’information reçu par le Comité International des Sages, l’annonce des résultats par la Commission Electorale Indépendante se fera au plus tard le 20 Août 2006 au terme de la centralisation et de la compilation des résultats obtenus dans près de 50.000 bureaux de vote. Il s'agit d'un processus long et complexe. La Commission Electorale Indépendante s'est engagée à dorénavant tenir le public informé de l'état d'avancement du dépouillement et du comptage.

Dans l'attente de ces résultats, le Comité International des Sages en appelle au sang froid et au sens de responsabilité des uns et des autres. Il invite la population et les candidats à ne prêter aucune foi aux spéculations diverses.


En ce qui concerne plus particulièrement les candidats, le Comité International des Sages aimerait attirer leur attention sur la différence qui peut exister entre la fraude électorale et des imperfections ou irrégularités dans un pays de la taille de la République Démocratique du Congo, qui organise pour la première fois depuis des décennies des opérations de vote d’une telle ampleur.

Par ailleurs, si des actes frauduleux vérifiables étaient avérés, le Comité International des Sages recommande les candidats aux élections présidentielle et législative qui auraient des plaintes à formuler, de le faire à travers les autorités compétentes, notamment la Commission Electorale Indépendante. Le Comité International des Sages peut, lui aussi, être saisi sans préjudice des lois et règlements en vigueur en la République Démocratique du Congo, par les candidats aux élections et par les Institutions d’Appui à la Démocratie. Le Comité est à la disposition des candidats et des autorités compétentes de la RDC, pour les aider à trouver les meilleures solutions.

Le Comité International des Sages recommande à tous, dans l’intérêt du peuple congolais et de l’avenir du pays, de ne pas tenir des propos qui seraient de nature à induire en erreur les populations et à porter atteinte à la sécurité des biens et des personnes.

Nous renouvelons notre appel à toutes les formations politiques et a toutes les organisations de la société civil et enfin à tous les citoyens de la République Démocratique du Congo, à tout faire pour assurer un climat de paix et de calme pour permettre la recréation de la confiance entre les Congolais et la création des consensus qui puissent assurer la stabilité et le démarrage de la reconstruction nationale. Pensons au présent et à l’avenir de nos enfants et de tous ceux qui vivent dans une extrême pauvreté. Donnons-les l’opportunité de marcher fermement vers un meilleur avenir.


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12.08.06 La paix dans la vérité des urnes (CENCO)

12.08.06 La paix dans la vérité des urnes (CENCO)


Déclaration de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) à
l'issue des élections nationales

1. Conformément à ses prises de positions antérieures, la Conférence
Episcopale Nationale du Congo (CENCO) affirme une fois de plus avec force
que les élections libres, transparentes et démocratiques constituent la
voie royale et obligée pour la conquête du pouvoir politique.

Aussi la CENCO se réjouit-elle de voir que le peuple congolais s'est rendu
nombreux aux urnes, dans l'ordre et la discipline, dans la patience et la
tolérance, dans le calme et la paix. La CENCO félicite le peuple congolais
pour la maturité et l'esprit démocratique qu'il a démontrés pendant le
scrutin. Pour le travail accompli, la CENCO remercie la Commission
Electorale Indépendante (CEI), tous les observateurs nationaux et
internationaux ainsi que les organismes qu'ils représentent.

2. Le peuple a parlé; la cause doit être entendue! Aucune personne ni
institution, nationale ou internationale, ne peut faire fi de cette volonté
du peuple. Seules les personnes librement élues par le souverain primaire
sont habilitées à gouverner l'Etat en toute légitimité pendant la prochaine
législature.

C'est pourquoi la CENCO tient à ce que toutes les opérations consécutives
au scrutin se déroulent en toute transparence et sans faille, pour que soit
connue la vérité des urnes. En effet, depuis le déroulement des élections,
le dimanche 30 juillet 2006, ici et là, à travers le pays, des tentatives
effectives de manipulations, tricheries et mécanismes de fraude ont été
signalées. Il y a lieu d'en établir l'importance et le poids sur la
crédibilité de deux scrutins. Les rapports des observateurs tant nationaux
qu'internationaux à ce sujet seront indicatifs. La CENCO les examine pour
appréciation.

3. En ce qui la concerne, la CENCO condamne toute tentative d'organiser le
pouvoir contrairement à la vérité des urnes. C'est à travers cette vérité
que- sera sauvegardée la paix pour la République Démocratique du Congo
(RDC) : c'est pourquoi nous invitons l'ensemble du peuple congolais et les
candidats qui se sont présentés aux élections à se soumettre au verdict des
urnes.

4. A ceux qui seront régulièrement déclarés élus, nous recommandons de
faire preuve d'un sens élevé d'esprit national dans le service de l'Etat
par delà les différents courants des partis politiques, ainsi que les
tendances et attaches régionales et provinciales. Qu'ils se montrent de
véritables rassembleurs ayant à cœur de gouverner l'Etat congolais nouveau
avec comme seule visée: l'intérêt supérieur de la nation et la
consolidation de l'unité nationale à laquelle tiennent toutes les filles et
tous les fils, citoyens de la RDC.

Quant à ceux qui feront partie de la minorité constitutionnelle, nous
demandons de faire montre d'esprit démocratique et de contribuer au
gouvernement du pays en exploitant, à cet effet, toutes les voies légales
reconnues à l'Opposition politique par la Constitution de notre pays
(Constitution, Art 8). Ils prépareront ainsi l'alternance politique pour
l'avenir et consolideront la culture démocratique dans notre pays.

5. La CENCO félicite encore le peuple congolais pour sa profonde volonté de
paix et de concorde nationale. Elle l'appelle de nouveau à éviter, en toute
circonstance, des réactions et des actes de violence et invite les uns et
les autres au respect de la loi et des procédures légales dans la
revendication de leurs droits.

Que Dieu bénisse la RDC et son peuple.

Fait à Kinshasa, le 12 août 2006

+ Frédéric Cardinal ETSOU Archevêque de Kinshasa

+ L. MONSENGWO PASINYA Archevêque de Kisangani et Président de la CENCO

+ Th. TSHIBANGU TSHISHIKU Evêque de Mbuji-Mayi et Vice-Président de la CENCO

Source : communqué de presse CENCO, 12.08.06

Sunday, August 13, 2006

Béatrice DEBUT: Résultats prévus en fin de semaine, Kabila en tête

KINSHASA (AFP) - Après avoir voté le 30 juillet, les Congolais devraient connaître d'ici la fin de la semaine les résultats du premier tour de la présidentielle, alors que le chef de l'Etat sortant Joseph Kabila mène devant le vice-président Jean-Pierre Bemba selon des résultats partiels.

La Commission électorale indépendante (CEI) de la République démocratique du Congo (RDC) a réaffirmé samedi qu'elle serait en mesure d'annoncer les résultats complets provisoires au plus tard le 20 août, alors que les résultats de seulement 47 des 169 circonscriptions étaient connus samedi.


Selon ces chiffres compilés par l'AFP, M. Kabila décroche 55% des suffrages exprimés, loin devant son principal adversaire M. Bemba, un ex-rebelle, qui en obtient 17,8%.
Au vu de ces résultats qui portent sur près de 20% des inscrits, le pays est coupé en deux: l'est a choisi jusqu'à présent massivement M. Kabila, l'ouest a voté M. Bemba, originaire de cette région.

Aucun chiffre n'était encore disponible samedi soir pour la capitale Kinshasa, où la popularité de M. Kabila est moindre et qui représente près de 12% de l'électorat.
Mais les résultats définitifs de plusieurs grandes villes de l'est ou du sud-est (Kisangani, Bukavu, Lubumbashi, ...), régions où le président a jusqu'à présent obtenu des scores de l'ordre de 80%, n'étaient toujours pas connus non plus.
"Il paraît difficile que Bemba passe désormais devant Kabila (au premier tour), car il reste de gros réservoirs de voix pour Kabila", a jugé un diplomate.
"La vraie question en fait est de savoir si Kabila va passer ou non au premier tour", a-t-il ajouté, sous couvert d'anonymat.

Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés. Si aucun des 32 candidats n'arrive à franchir cette barre, un second tour sera organisé le 29 octobre.

"S'il n'y a pas de second tour, il y a risque de flambée de violences à Kinshasa" de la part des partisans des perdants, a estimé un autre diplomate.
La campagne électorale a été tendue à Kinshasa, où plusieurs personnes ont été tuées par balles.

Le processus électoral en RDC, où étaient organisés le 30 juillet les premiers scrutins libres et démocratiques en plus de quarante ans, est placé sous haute surveillance: les Nations unies disposent de 17.600 soldats sur le territoire congolais, et une force européenne, mise en place pour les élections, compte un millier d'hommes dans la capitale.

La RDC, pays d'Afrique centrale, sort en effet de près de cinq années de guerre (1998-2003) qui ont fait plus de trois millions de morts directement ou indirectement (famine, maladies, violences, ...) et la situation reste encore très volatile, notamment dans l'est.

Le manque d'infrastructures dans ce pays grand comme l'Europe occidentale explique en partie le retard dans l'annonce des résultats: ceux des quelque 50.000 bureaux de vote sont parfois transportés en vélo, à pied ou en pirogue jusque dans les centres de compilation régionaux.

Après avoir salué le bon déroulement du scrutin, les observateurs ont émis des réserves sur la récolte de ces résultats. La mission des observateurs de l'Union européenne a souligné "certaines défaillances", relevant notamment que "du matériel sensible s'est perdu pendant le transport".

A Kinshasa samedi, des centres de compilation cherchaient désespérément les résultats de plusieurs bureaux de vote, selon des agents électoraux.

Quinze candidats à la présidentielle, qui arrivent jusqu'à présent en queue de peloton, ont déjà dénoncé des "irrégularités flagrantes". Tout recours devra être déposé à la Cour suprême de justice, chargée de proclamer les résultats définitifs au plus tard le 31 août.

Saturday, August 12, 2006

060808 – table ronde – mission d’observation des élections en RDC de la société civile

Farde de documentation : communiqué de presse CDCE-EurAC du 1er août ; résultats préliminaires du système d’observation rapide à l’occasion du scrutin du 30 juillet et observation des opérations de vote ; fiches d’observation A à F ; calendrier des élections de 2006 en RDC (présidentielle : 1er et 2ème tours et législatives – provinciales, gouverneurs) de la CEI ; documents Unifem pour la promotion des femmes en politique congolaise (agenda des femmes, cliniques électorales,…).

Ordre du jour
1. introduction
2. interventions d’observateurs belges dans différentes provinces
3. échanges et questions réponses
4. conclusions

1. Introduction
- précision du cadre de la mission : collaboration entre sociétés civiles européenne EURAC et congolaise CDCE, déploiement sur le terrain dans les 11 provinces
- présentation de la farde de documentation
- cette restitution ne tient pas lieu de rapport officiel
- proposition d’interventions de la part des différents observateurs présents

2. Interventions

2.1. Bas Congo – Marc Kerckhove
Bilan global positif : ambiance correcte, agents électoraux sérieux,… malgré les quelques irrégularités observées.
Explication du déroulement de la mission : première formation le 24 juin, puis le lendemain de l’arrivée en RDC, le 24 juillet. Ensuite, déploiement sur le terrain. A Mbanza Ngungu, la campagne électorale était assez morne ; à Boma et Matadi, plus d’animation. Explication du déroulement de la journée de scrutin, du dépouillement et de la compilation. Pas de tensions particulières le 30 juillet sauf des déplacés et de quelques agents de la CEI. A Mbanza Ngungu, collaboration avec les observateurs des réseaux Caritas, Renosec et quelques ONG du CRONGD. A Matadi et Goma, contacts avec le CDCE plus difficiles.

2.2. Katanga - Olivier Lanotte et Véronique Rigot
Campagne sereine dans le sud du Katanga, différence marquée entre les villes et les régions plus rurales ; rôle positif des forces de sécurité ; difficultés de l’analphabétisme (plier une feuille en 4, voter par empreinte digitale,…) ; difficultés de démarrage des opérations de compilation en raison de la livraison tardive des plis ; candidats favoris : le plus souvent Joseph Kabila suivi, selon la région, par Lunda Bululu, JP Bemba,… ; collaboration avec le CDCE impeccable ; femmes candidates peu visibles, par contre les femmes ont participé au vote.

2.3. Bandundu – François Van Lierde
Souligne la collaboration avec le CDCE et l’enrichissement réciproque des partenaires ; a perçu un accès équitable des candidats aux médias auxquels ils avaient accès ; prouesse logistique à souligner vu les conditions socio-économiques congolaises ; professionnalisme des agents électoraux ; selon les bureaux de vote, les règles d’accompagnement pour les personnes analphabètes ou nécessitant une aide étaient appliquées différemment ; là où il y avait un manque de sensibilisation de la part de la CEI, la société civile a pris le relais ; promesses électorales parfois inappropriées de la part de candidats ; débat sur la congolité ; faveurs de la population accordées à Gizenga ; 9 femmes sur 90 candidats aux législatives ; travail remarquable du REFED – Réseau Femmes et Développement (pour l’enrôlement, le referendum, les conseils, les stratégies, et création de comités de concertation entre candidates).

2.4. Equateur – Pascale Bodinaux
Souligne la collaboration avec les partenaires de SolSoc sur le terrain ; quelques incidents avant le scrutin mais campagne relativement calme dans son ensemble ; la question des « voyageurs » privés de leur droit de vote (électeurs enrôlés ailleurs et qui étaient dans l’incapacité de voter à l’endroit où ils se sont faits enrôler) ; en zones rurales, il y avait nettement moins d’observateurs nationaux (encore moins internationaux) et parfois de personnel de la CEI et en général plus de difficultés logistiques ; souligne le travail des journalistes de Radio Okapi dans la région ; autres observateurs présents : U européenne, U Africaine, syndicats, Crongd,… ; déroulement du scrutin impressionnant malgré toutes les difficultés ; Equateur = fief de Bemba.

2.5. Kassaï - Alexis Bouvy
problèmes relevés : distances des bureaux de vote, parfois éloignés de 60 à 80km des villages ; souligne la collaboration avec les partenaires du CDCE qui ont permis des facilités logistiques et des échanges enrichissants, mais observe le manque de connaissance du partenariat EurAC-CDCE ; campagne électorale plutôt inéquitable : dans les villages, à peine 3 partis politiques étaient présents, le PPRD disposant clairement de plus de moyens que tous les autres (cadeaux multiples, vélos,…) ; pas de fraude ou de tentatives observées ; le retard des formations, l’analphabétisme et les manques de sensibilisation ont provoqué des incompréhensions et des difficultés pratiques ; cas de Mweka (arrêt du vote en raison du pillage du bureau et de la destruction du matériel par la population mécontente => décision de la CEI de reporter le scrutin de 36 heures, vote pendant la nuit, sans électricité => taux d’abstention record) ; favori : Oscar Kashala

3. Echanges et questions-réponses

Complément d’information : en particulier à Lubumbashi, collaboration aussi avec les observateurs de l’AWEPA, de l’Afrique du Sud, de l’Angola, et même du Togo.

Questions :
- précisions demandées sur les irrégularités observées dans le Bas-Congo et le Katanga : concernaient des personnes analphabètes ou nécessitant une aide pour voter. La procédure variait selon le bureau de vote, on a parfois vu des témoins de partis politiques ou des membres du bureau de vote qui aidaient la personne à voter. Par ailleurs, lors du dépouillement, le cachet « NUL » n’a pas toujours été utilisé pour signaler les bulletins nuls. Pour certaines circonscriptions, les enveloppes noires prévues par la CEI étaient trop petites et les plis ne pouvaient donc être fermés correctement. Par ailleurs, il y a eu plusieurs bureaux où le dépouillement s’est fait en l’absence des témoins électeurs (derniers votants) : ces personnes ont refusé pour diverses raisons (autres occupations, absence de per diem,…).
- Les irrégularités auront-elles des conséquences sur les résultats ? Selon les observations, il n’y a pas eu de volonté de fraude, mais seulement des incompréhensions ou des manques de rigueur dans l’exercice des procédures. Il conviendrait néanmoins de suggérer à la CEI de revoir le système de vérification des personnes enregistrées car les listes électorales comportaient plusieurs erreurs (un seul numéro d’électeur accordé à plusieurs personnes différentes par exemple). Par ailleurs, il faudrait insister sur la vulgarisation des procédures de plainte accessibles aux électeurs.
- les urnes n’étaient-elles pas scellées à l’avance ? Elles l’ont été lors de l’ouverture des bureaux de vote, après avoir montré à la population, aux témoins et aux observateurs qu’elles étaient vides.
- quid de la présence des observateurs dans les centres de compilation des résultats ? A Lubumbashi comme en d’autres centres de compilation des résultats, le mardi après-midi, l’instruction a été donnée d’effacer toutes les données compilées dans la base de données afin de permettre aux observateurs de vérifier qu’elle était vierge au début de l’encodage. Il a donc été re-procédé à la compilation des résultats qui avaient déjà été traités. Des observateurs et témoins se relaient, à longueur de journées tous les jours jusqu’à la fin de la compilation des résultats. Les observateurs de l’Union Européenne sont présents à plus long terme que les observateurs d’EurAC.
- les résultats étaient-ils affichés à la suite du dépouillement ? oui, ils l’étaient. Plusieurs observateurs ont vérifié les résultats, ils concordaient.
- En quoi consistaient les formations reçues ? Quel est le sens de la mission internationale d’observation ? 1300 observateurs internationaux. De notre côté, la mission consistait en un soutien du travail de la société civile congolaise. Ses observateurs étaient nombreux, et déployés là où les autres observateurs n’allaient pas se rendre. Même avec peu de moyens, ils ont fait un travail considérable pour suivre et crédibiliser le processus.
- Peur du bain de sang suite à l’annonce des résultats et des dérapages éventuels des campagnes électorales du 2ème tour.
- Comment la Belgique et l’Union Européenne réagiront-elles si Bemba est élu président ? Question politique hors de notre objectif de la table ronde.


4. Conclusions
Attente des résultats du 1er tour pour savoir si 2ème tour et de la suite des élections qui va encore focaliser nos attentions.
Nécessité de penser déjà maintenant à revoir le système de sensibilisation et formation de la population via la société civile de « proximité ».
Priorités à l’éducation et à l’alimentation de la population. La société civile est riche et pourra lancer de nouvelles initiatives pour tirer parti du nouveau paysage institutionnel qui émergera des élections, notre volonté est de continuer de la soutenir. La réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour ce faire doit être internationale.
Où se situe le processus électoral congolais entre les pays où l’on assiste à une marche forcée pour la tenue d’élections (Tchad, Haïti, Côte d’Ivoire,…) par opposition à la Palestine où l’on semble punir la population d’avoir « mal voté ».

Plus d’informations sur http://www.eurac-network.org et http://www.cncd.be, en particulier sur http://cncd111111.canalblog.com